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Année 2011

Projet

Principe d’incertitude 

Avec : Armand Béhar, Santiago Cirugeda, Edith Dekyndt, Dora Garcia, I.I.I.I. (Louise Hervé & Chloé Maillet).

 

Résultat d’un travail processuel mené tout au long des neuf mois de la formation dispensée par l’École du Magasin, le projet curatorial développé par la session 20 se déploie dans trois espaces indissociables et singuliers :

L’espace virtuel zonedobsolescence.org où se développent la note d’intention curatoriale ainsi que des échanges avec les artistes ;

L’espace de transition où des boîtes à archives, véhicules de mémoires fragmentaires, sont adressées aux artistes ;

L’espace d’exposition, témoin de l’instant prolongé de présentation de ce que nous avons à dessein appelé des archives anticipées.

 

Intitulé Principe d’incertitude, le projet s’inspire du principe énoncé en 1927 par Werner Karl Heisenberg, selon lequel il est impossible de connaiître avec exactitude aà la fois la vitesse et la position d’une particule aà l’eéchelle microscopique : les propriétés de la matieàre à un instant donné échappent ainsi à une appréciation exhaustive. Ce principe, l’un des piliers de la mécanique quantique, est connu sous deux acceptions différentes : principe d’incertitude et principe d’indétermination. Dans son premier article, Heisenberg emploie le terme incertitude, qui reste le plus usité bien qu’il soit imprécis ; préféré par les physiciens, le terme indétermination fut adopté dans un second temps. L’hésitation lexicale dont fait l’objet le principe rend compte, par extension, de la difficulté rencontrée à l’heure de circonscrire ce type de phénomènes.

 

Nous avons pris le parti de nous situer dans l’entre-deux de cette incertitude redoublée et de questionner le présent de l’œuvre, qui ne peut être appréhendé que de manière partielle. Les réflexions menées autour de problématiques liées à l’appréciation du temps sur notre site Internet nous ont engagé à interroger les modalités d’obsolescence potentielle que les artistes sont amenés à prendre en compte tôt ou tard dans la perspective ouverte par le devenir de leur travail. Ainsi, au lieu d’observer les diverses déflagrations de l’apparition de l’œuvre qui, de la création à l’exposition puis en empruntant les canaux de la circulation, de la documentation et de la médiation, participent de son relais dans le temps, nous avons pris l’initiative d’en inverser le processus. Nous avons invité Armand Behar, Santiago Cirugeda, Edith Dekyndt, Dora Garciia et l’I.I.I.I. [ Louise Hervé & Chloé Maillet ] à rassembler, au sein d’une boîte à archives qui leur a été transmise, des archives par anticipation d’une œuvre qu’ils ne seront pas amenés à réaliser.

 

Au sens strict, l’archive désigne la conservation d’un document jugé essentiel à l’intérêt des générations futures ; de fait, elle anticipe un héritage dont elle prémédite autant qu’elle légitime la postérité. L’archive anticipée se compose en amont de la réalisation d’une œuvre qui n’a pas pour vocation d’être produite et réunit des fragments, des traces et des matériaux périphériques qui viennent renseigner de manière indicielle son existence. Ainsi, nous ne serons pas tant les spectateurs d’une œuvre dont l’achèvement, à un moment donn&eacute, interrompt le devenir, mais plutôt les témoins de la multiplicité de récits que son fantasme permet. Anticiper la légitimité de l’archive : un prétexte pour en appuyer la précarité comme pour en révéler le potentiel.

 

 

Contact

Participants

Francesca AGNESOD (IT)

Nadia BARRIENTOS (FR)

Guillaume HERVIER (FR)

Andrea RODRIGUEZ NOVOA (ES)


Site de l'année



Tuteur

Fareed Armaly