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Christian Nyampeta - "Une communauté des pratiques"

Auditorium du Magasin

Mercredi 10 février 2016, à partir de 18h30

Une invitation proposée dans le cadre de la plateforme de recherche « Pratiques d’hospitalité » coordonnée par Simone Frangi et Katia Schneller, professeurs de théorie et d’histoire des arts à l’ÉSAD •Grenoble

 

La recherche de Christian Nyampeta s’intéresse aux questions d’individualité, de convivialité, et d’industrialité. Ses projets en cours prennent la forme de pratiques migratoires et performatives, incluant des conférences publiques et des écrits, des structures spatiales, des essais, ainsi que des produits de consommation basiques (bière, savon, pain), destinés à produire des formes alternatives d’« échange » et d’« hospitalité ». L’artiste met ainsi sa recherche artistico-philosophique à l’épreuve de manières de vivre ensemble apparues suite à des conflits irrésolus. Pour Christian Nyampeta, réfléchir sur la manière de vivre individuellement revient à réfléchir sur la pratique du « vivre ensemble ». Sa recherche artistique vise à développer un imaginaire capable de mettre en mouvement et d’appréhender de manière critique la part statique et connue des formes de vie qui se cristallisent dans la société. En proposant d’élaborer des études inhabituelles du quotidien, sa démarche permet d’en faire entrevoir les dimensions éthique, esthétique, sociale et politique. La présentation audio-visuelle qui se tiendra au Magasin prendra comme point de départ une sélection de séquences d’un film en permanente élaboration, fait à partir de fictions élaborées lors de workshops, et de conversations entre l’artiste et des philosophes d’espaces culturels et géographiques variés. De ces conversations, émerge la question de savoir comment partager le monde : comment créer des ressources, de l’espace et du temps, avec un point de vue resserré sur le phénomène de l’idiorrythmie. Tandis que les orientations politiques de ces philosophes pourraient se diviser le long de leurs lignes idéologiques respectives, l’interlocution avec eux compose un « groupe d’études » réseau, dont le sujet déborde les préoccupations des dialogues. La présentation esquissera l’idée d’une « communauté de pratiques » autrement improbable, émanant de la constitution d’une « grammaire partagée ». Au cours de la soirée, la figure de l’« idios » se dégagera comme une dimension éthique et une pratique pour habiter et partager le monde, à l’encontre du discours dominant d’aujourd’hui et de la rhétorique de la guerre. L’Idios (qui signifie quelque chose de particulier, de privé ou à soi, et qui est également à l’origine du mot idiot) occupe à la fois l’horizon d’un « repos actif » qui, bien que difficile à atteindre, est commun à tous, et de l’« étude », c’est-à-dire, de l’acte d’aimer le soi et le monde. La discussion publique pourra donner lieu à un échange sur les outils « conviviaux » résultant de cette présence au monde que produit l’attention à soi : « une fiction théorique » et « une philosophie pratique », qui peuvent être utilisées comme des instruments dans notre lutte quotidienne contre les formes mineures et majeures d’injustice.

 

CHRISTIAN NYAMPETA

est doctorant dans le département des cultures visuelles de Goldsmiths, University of London. Ses activités actuelles incluent des contributions aux programmes de recherches How We BehaveThe Grand Domestic RevolutionPractice InternationalAnother Roadmap School et Understanding Territoriarity. Ses récentes expositions incluent Prix de Rome 2015, de Appel Arts Centre, Amsterdam; How to Live Together: Prototypes, The Showroom, London; New Habits, the research group exhibition organised by Casco – Office for Art Design and Theory, Utrecht; How To Live Together at Casco and at Stroom Den Haag between 2013 and 2014.

 

KATIA SCHNELLER

est docteure en histoire de l’art, professeure d’Histoire et théorie des arts à l’ESAD Grenoble, chercheuse associée à l’HiCSA de l’université Paris I – Panthéon-Sorbonne, l’EA1279 de Rennes 2 et le CERCC de l’ENS de Lyon. Ses recherches portent sur l’art et la critique d’art des États-Unis de la deuxième moitié du XXème siècle, ainsi que sur les pratiques artistiques actuelles qui interrogent les discours historiographiques et les institutions qui les produisent. Elle a publié Robert Morris, sur les traces de Mnémosyne, Paris, ENS LSH/Editions des Archives Contemporaines, 2008 et a été co-directrice des ouvrages Au nom de l’art, enquête sur le statut ambigu des appellations artistiques de 1945 à nos jours (Paris, Publications de la Sorbonne, 2013), Investigations‘Writing in the Expanded Field’ in the Work of Robert Morris (Lyon, ENS éditions, 2015) et Le Chercheur et ses doubles (Paris, B 42, 2015). Elle a été l’une des responsables scientifiques du programme de recherche « Fabriques de l’art/fabriques de l’histoire de l’art » et co-dirige le projet « Art, théorie et pédagogie critique. Tirer un enseignement de Craig Owens ». Elle est également membre du comité de rédaction d’Etudes Photographiques, de l’AICA et directrice de la collection Arts aux éditions des Forges de Vulcain.

 

SIMONE FRANGI

est chercheur, théoricien en art et commissaire d’exposition. Titulaire d’un Doctorat en Esthétique et Théorie de l’Art, il est chercheur qualifié en Philosophie et en Esthétique/Science de l’art auprès du Centre National des Universités (Paris, FR). Il est actuellement directeur artistique de Viafarini – Non Profit Organisation for Contemporary Art (Milan). Depuis 2013 il est co-curateur de Live Works – Performance Act Award (Centrale Fies, Trento, IT) et depuis 2014 co-directeur du programme de recherche nomade A Natural Oasis ? (Little Constellation - Network of Contemporary Art 
focused on Geo-cultural Micro-areas 
and Small States of Europe). Il estProfesseur de Théorie et Actualité de l’Art Contemporain à l’Ecole Supérieure d’Art et de Design de Grenoble. En 2015 il a été parmi le cinq curateurs du Prix pour l’Art Contemporain de la Fondation Furla et en 2016 il sera parmi le dix curateurs de la XVI Quadriennale de Rome.

Parmi ses résidences de recherche: Rupert – Center for Art and Education (Vilnius, 2015); Les Laboratoires d’Aubervilliers (Paris, 2014); ICA – Institute of Contemporary Art  (Yerevan, 2013); ERC Starting Grant – Ownreality at Centre Allemand d’Histoire de l’Art (Paris, 2013); EIKONES – National Centre of Competence in Research on Iconic Criticism (Basel, 2011). Parmi ses projets récents : Stage as a social platform (Teatro Continuo, Milan 2016) ; Posthypnotic (Museion, Bozen, 2015); Documetarism (Fondazione Pistoletto, Biella 2015); Kapwani Kiwanga (Viafarini, Milano 2015); Notes on Orientalism (Viafarini/Lo Schermo dell’Arte, Milan/Florence 2015); Performance Labour (Zhdk, Zurich 2014); Géographies Nomades (ENSBA, Paris 2012); Room, freedom (Rosascape, Paris 2012).