Connection
BIVOUAC #3 – LES ADRETS (BELLEDONNE)
/ Académie de la Marche
“THE LOCOMOTOR BRAIN: FORWARD MARCH!” / THU, FEB 8 at 7PM

Lorsque le corps marche, le cerveau est en ébullition ! Certains circuits nerveux assurent les commandes automatiques qui nous permettent de marcher « sans y penser », alors que d’autres captent la myriade d’informations qui proviennent de nos sens en éveil. Qu’elles proviennent de nos yeux, de nos oreilles, de nos muscles ou de nos articulations, ces informations permettent à notre corps, avec l’aide du cerveau, d’adapter notre marche à l’environnement qu’il transverse.

 

 

PROJECTION VIDÉOS DE :


Fayçal Baghriche, Le sens de la marche, 2002

Dans la vidéo Le sens de la marche, le cours du temps s’est inversé. L’artiste immobile apparaît comme la seule figure raisonnable d’un monde qui marche à l’envers. Fayçal Baghriche est debout à un carrefour de rue, aucun signe ne le distingue des autres individus mais son immobilité génère une lecture distanciée et transforme la scène en véritable chorégraphie, l’attention se reporte sur la répétition des gestes des passants, sur l’absurdité d’une marche sans destination apparente et sur l’autorité des trajectoires induites par l’urbanisme. La société est stigmatisée pour sa dépense d’énergie et son aveuglement dans sa course effrénée. La présence impassible de l’artiste au cœur de cette agitation urbaine nous interroge sur ce qu’il peut faire et sur l’inaction comme méthode susceptible de perturber un système. 
– 
Keren Detton

 

Trisha Brown, Walking on the Wall, (1971) Whitney

Dans Walking on The Wall, c’est harnachés de poulies que les corps abandonnent le sol et dansent sur les murs. Des danseurs défient la gravité en marchant sur les murs d’une salle du Whitney Museum of American Art de la manière la plus naturelle qui soit. Dans cette action, aucun récit, le mouvement est simplement donné à voir en tant qu’activité ordinaire du quotidien.

 

Trisha Brown, Man Walking Down the Side of a Building (1970 April 18)

Man Walking Down the Side of a Building fait partie de la série ‘Equipment Pieces’ dans laquelle des équipements d’alpinisme (poulies, harnais) permettent au corps du performeur de se confronter à la gravité.

L’intention de Trisha Brown n’est pas de créer de la théâtralité mais d’attirer l’attention sur le simple fait de marcher en créant une situation qui n’est pas naturelle.

La simplicité des indications chorégraphiques données par Trisha Brown – marcher sur la façade extérieure d’un bâtiment – met en scène le mouvement lui-même, plutôt que sa motivation ou son inscription dans un récit.

Aucune instruction n’est donnée sur la façon dont doit bouger le performeur, lui permettant ainsi de se concentrer entièrement sur sa propre réaction physique à la contrainte de marcher dans cette position inhabituelle.

 

Guido van der Werve, Nummer acht Everything is going to be alright, 2007

L’image est forte, évidente. Elle reste ancrée dans la mémoire de tous ceux qui ont vu ce ballet surréaliste de l’homme et de la machine devenue animal : Moby Dick poursuivant Achab, Jonas échappe à la baleine. Sur fond polaire. Guido van der Werve a pour habitude de se mettre en scène dans des vidéos performances. Ici, il est seul dans le paysage verglacé de la Finlande, seul entre la banquise et le ciel qui se répondent, seul dans un espace blanc sans fin et sans repère. Seul, si ce n’est l’énorme brise-glace qui avance derrière lui, traçant sa route à travers la banquise, si proche qu’il pourrait le renverser, l’engloutir. Petite silhouette noire, l’homme avance obstinément, inconscient du danger ou s’en jouant nonchalamment, sans but apparent, si ce n’est la marche elle-même. (…) 

– Eléonore Jacquiau Chamska

 

 

RENCONTRE AVEC : 

 

Antoine Depaulis

Neurobiologiste et directeur de recherche à l’Inserm au Grenoble-Institut des Neurosciences.

Il y dirige depuis 2003 une équipe composée de biologistes et de cliniciens dont le travail porte sur la compréhension des réseaux de neurones et de cellules gliales qui génèrent ou contrôlent les crises d’épilepsie. Outre ses publications scientifiques, il a coordonné plusieurs actions vers le grand public et les associations de malades, a réalisé des films d’animation, écrit des articles sur le cerveau destinés au grand public (https://www.echosciences-grenoble.fr/communautes/atout-cerveau) et sert régulièrement de « poisson pilote » dans l’univers des Neurosciences pour des artistes que le cerveau inspire.


Laurent Vercueil

Médecin neurologue et chef du service d’Explorations Fonctionnelles du Système Nerveux au CHU de Grenoble. Il est l’auteur de nombreux articles scientifiques et médicaux dans le domaine des maladies du cerveau. Membre de l’Association Française pour l’Information Scientifique, il est également l’auteur de plusieurs articles dans la revue « Science & Pseudoscience », destinée à informer le grand public sur les risques des dérives pseudo-scientifiques et plus, récemment du livre « Chatouilles et autres tracas neurologiques ».

 

 

En partenariat avec La Marmite des Adrets

La Marmite des Adrets est le fruit d'une démarche collective qui réunit des habitants et des associations locales autour de l'envie commune de relancer le commerce de proximité.

En 2014, La Marmite des Adrets prend donc un nouveau départ sous la forme juridique d'une SCIC (Société Coopérative d'intérêts collectifs). Une petite centaine de sociétaires et deux salariés souhaitent ainsi proposer un lieu accessible à tous, convivial pour se rencontrer, soucieux de la qualité des services proposés et ouvert sur le monde.

 

 

ENTRÉE LIBRE / reservation@magasin-cnac.org

When the body is walking, the brain is working on overdrive! Some neural circuits ensure automatic functions that allow us to walk “without thinking about it,” while others absorb a ton of information captured by our alert senses. Whether this information comes from our eyes, our ears, our muscles, or our joints, it allows our body, with the help of the brain, to adapt our walking to the environment we are moving in.

 

 

VIDEO SCREENINGS BY:

 

Fayçal Baghriche, Le sens de la marche [The meaning/direction of walking], 2002.

In the video Le sens de la marche, the flow of time is reversed. The immobile artist seems to be the only rational person in a world where everyone walks backwards. Fayçal Baghriche stands at an intersection, indistinguishable from other people, but his immobility lends itself to a distanced interpretation and transforms the scene into a veritable choreography: our attention is drawn to the repetition of passersby’s gestures, to the absurdity of walking without any apparent destination, and to the authority of trajectories resulting from city planning. Society is criticized for its energy expenditure and for rushing headlong in its frantic activity. The impassible presence of the artist in the midst of this urban bustle makes us wonder about what he can do and about inaction as a method capable of upsetting the system.

– Keren Detton

 

 

Trisha Brown, Walking on the Wall, 1971, Whitney

 

In Walking on the Wall, bodies harnessed by ropes and pulleys leave the ground and dance on walls. The dancers defy gravity by walking on the walls of a room at the Whitney Museum of American Art as if it were the most natural thing in the world. There is no narrative accompanying this action, and the movement is simply shown as an ordinary, everyday activity.

 

Trisha Brown, Man Walking Down the Side of a Building (April 18, 1970)

 

Man Walking Down the Side of a Building is a part of the series Equipment Pieces, in which mountain climbing equipment (pulleys, harness) allow the performer’s body to confront gravity.

Rather than aiming at theatricality, Trisha Brown wants to draw attention to the simple fact of walking by creating a situation that is not natural.

The simplicity of the choreographic instructions given by Trisha Brown (walking on the side of a building) stages movement rather than its motivation or its inscription within a story.

There are no instructions as to how the performer should move, instead allowing him or her to focus entirely on their own physical reaction to the constraint of walking in this unusual position.

 

 

Guido van der Werve, Nummer acht, Everything is Going to be Alright, 2007

 

The image is potent, clear. It is deeply rooted in the memory of all those who have seen the surreal ballet of man and machine turned animal: Moby Dick chasing Ahab; Jonas fleeing the whale. With the Arctic as the background. Guido van der Werve makes a habit of inserting himself into his video performances. Here, he is alone in the middle of an ice-locked landscape off the coast of Finland, alone between the sheet of ice and the sky, which mirror each other, alone in a white expanse with no end or signpost. Alone, except for the enormous icebreaker advancing at his heels, forging its way through the ice, so close it could knock him down, swallow him whole. A small dark silhouette, unaware of the danger, or nonchalantly enjoying it, the man stubbornly presses on without any apparent goal, unless it is walking itself…

- Eléonore Jacquiau Chamska

 

 

MEETINGS WITH:

 

Antoine Depaulis

Neurobiologist and Head of Research at the Inserm at the Grenoble-Institut des Neurosciences

 

Since 2003, he has headed at team of biologists and clinicians whose work deals with understanding neural networks and glial cells responsible for epileptic crises. In addition to scientific publications, he has coordinated several events aimed at the general public and patients’ associations; made animated films; written popular articles about the brain (https://www.echosciences-grenoble.fr/communautes/atout-cerveau); and regularly served as a guide to the universe of the Neurosciences for artists inspired by the brain.

 

 

 

Laurent Vercueil

Neurologist and chief of the Service d’Explorations Fonctionnelles du Système Nerveux at the Centre Hospitalier Universitaire (CHU) in Grenoble. He is the author of numerous scientific and medical articles in the field of brain disorders. A member of the Association Française pour l’Information Scientifique, he is also the author of several articles in Science & Pseudoscience, a journal written for wider audiences and devoted to the dangers of pseudo-scientific excesses. Most recently, he has published Chatouilles et autres tracas neurologiques [Tickling and Other Neurological Troubles].

 

In partnership with La Marmite des Adrets

La Marmite des Adrets is the fruit of a collective project carried out by local residents and associations to give expression to their shared desire to revive local commerce.

In 2014, La Marmite des Adrets made a fresh start adopting the legal framework of a Collective Interest Cooperative Society (SCIC). A few hundred members and their employees wanted to create a convivial meeting venue, accessible to everyone, committed to offering quality services, and open onto the world.

 

FREE ADMISSION / reservation@magasin-cnac.org