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Performer le corps. Perforer l'esprit.

02 OCTOBRE À 20H

Avec les films de Anna Maria Maiolino, Leticia Parente, Lotty Rosenfeld, Cecilia Vicuña, Ingrid Wildi Merino, Teresa Margollès, Ana Gallardo.

Entrée libre. 

Dans le cadre du colloque international, « Quand les femmes filment, le documentaire dans la péninsule ibérique et le continent latino-américain », une soirée autour de la créativité documentaire des femmes vidéastes est proposée par le Département des Études des Mondes Hispanophone et Lusophone de l’Université Grenoble Alpes. 

Dans l’histoire de l’art, dès la décade post-1968, dans un contexte de revendications tant politiques que sociales ou artistiques, les artistes femmes ont pris une place inédite et ont semé une forme de désordre dans les épistémologies dominantes. Dans ces années de subversion de l’ordre établi et de remise en question des hiérarchies, prendre place supposait sortir l’autre de l’ombre et, très vite, depuis leur position subalterne, les femmes ont pris la mesure des potentialités politiques et poétiques de l’outil caméra qu’elle ont mis au service du plaisir à inventer des formes nouvelles qui visaient un horizon commun : dénoncer la condition des femmes, leur sourde exploitation et la mainmise sur leur corps. Ces gestes émancipateurs, fruits de pratiques alternatives, ont pris une signification toute particulière sur le continent latino-américain ébranlé au XXe siècle par la violence des dictatures et les profondes inégalités sociales. Si la brutalité dictatoriale, sous sa forme militaire, a disparu aujourd’hui, ces sociétés restent très inégalitaires et la violence faite aux femmes, qui ne cesse pourtant d’être dénoncée n’a pas disparu. Dans cette dénonciation, les arts visuels occupent une place de choix.

C’est à une rencontre de la production filmique des artistes des années 1970 à 2000, que convie cette sélection. Ces films féministes cherchent à rendre compte des changements radicaux qui ont décloisonné les disciplines et ont questionné la frontière entre l’art et la vie dans une démarche que les artistes femmes n’ont toujours pas épuisée.

Du point de vue de l’art documentaire, les femmes artistes ont expérimenté à plusieurs niveaux et de différentes manières leurs expériences de l’espace (domestique, public, privé, naturel), du temps (contraint, répétitif, biologique) et du corps (exposé, physiologique, violenté, ré-approprié) apportant de nouvelles gestuelles de détournement et de récupération d’un pouvoir créer. Articulées ou pas à un projet politique, ces stratégies de représentation ont été un terrain propice sur lequel s’est affirmée la dimension inventive et créative des femmes.