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"Les Racines du mal" de Didier Faustino: une œuvre dans l'espace public

Didier Faustino
Les Racines du mal, 2006
Acier galvanisé et système électrique
890 x 915 x 679 cm
Commande de l'Etat - ministère de la Culture et de la Communication
Dépôt du Centre national des arts plastiques / FNAC 06-716

Implantée sur le square des Fusillés (Grenoble) en février 2016

 

«Les Racines du mal», Didier Faustino. Adagp, Paris / Cnap / photo : Marc Domage (exposition au CENTQUATRE-Paris)

 

Montage de l'œuvre «Les Racines du mal», square des Fusillés, février 2016 © 2016 MAGASIN-CNAC

Montage de l'œuvre «Les Racines du mal», square des Fusillés, février 2016 © 2016 MAGASIN-CNAC

Montage de l'œuvre «Les Racines du mal», square des Fusilles, février 2016 © 2016 MAGASIN-CNAC

Montage de l'œuvre «Les Racines du mal», square des Fusillés, février 2016 © 2016 MAGASIN-CNAC

Montage de l'œuvre «Les Racines du mal», square des Fusillés, février 2016 © 2016 MAGASIN-CNAC

Montage de l'œuvre «Les Racines du mal», square des Fusillés, février 2016 © 2016 MAGASIN-CNAC

 

Créée par l’artiste et architecte Didier Faustino à l’occasion de la 27ème biennale de Sao Paulo au Brésil en 2006, dont la thématique était "Comment vivre ensemble ?", l’œuvre Les Racines du mal offre une relecture du lampadaire public. Constituée de tubes à section carrée en acier galvanisé, matériau industriel et pérenne, cette œuvre monumentale n'en est pas moins organique par certains aspects. Ses bras, dont le déploiement anarchique semble avoir été guidé par la nature, se rejoignent en un point, à plus de trois mètres du sol, pour soutenir un mat parfaitement vertical avec à son sommet un système d’éclairage. L'ensemble évoque les ramifications d’un arbre retourné ou, comme son titre le suggère, celles de racines sorties de terre. Inscrite dans un environnement urbain, cette œuvre affirme sa double fonctionnalité, à la fois par l'éclairage qu'elle produit mais aussi par une invitation aux passants à circuler à travers ses pieds de métal.

 

Les Racines du mal (titre éponyme du roman d'anticipation de M. G. Dantec écrit en 1995) fait écho à l’histoire tragique du square des Fusillés et réaffirme le droit de se rassembler spontanément dans l’espace public en offrant un lieu de libre partage de la parole et de la pensée jusqu’à la contestation de l’ordre établi.

 

L’approche de Didier Faustino est transversale aux domaines de l’art du design et de l’architecture. Au travers de ces travaux, il invoque les limites du corps physique dans son rapport à l’espace en transgressant les notions de contrôle et de pouvoir.

 

Artiste et architecte français, Didier Faustino travaille sur la relation entre corps et espace. À la frontière entre art et architecture, sa pratique a débuté dès la fin de ses études en 1995. Son approche est multiforme, allant de l’installation à l’expérimentation, de la création d’œuvres plastiques subversives à celle d’espaces propices à l’exacerbation des sens. Ses projets se caractérisent par leur dimension fictionnelle, leur regard critique, leur affranchissement des codes et leur capacité à offrir des expériences inédites au corps individuel et collectif.

 

À travers certains de ses travaux iconiques — Body in transit (biennale d'architecture de Venise, 2000), un espace minimal accusant les conditions de passages illégaux d’immigrés, ou encore One square meter house (Paris, 2006), un prototype de bâtiment mettant en porte à faux les notions de l’habitable —, la position subversive de Faustino nous invite à questionner le rôle politique de l’acte de création tout autant que notre propre statut à la fois comme sujet et comme citoyen. D’autres projets majeurs tels que Stairway to heaven (Castello Branco, 2001) – un espace public à usage individuel – ou encore (G)host in the (S)hell (Storefront NYC, 2008), nous conduisent à reconsidérer les frontières entre le public et le privé, le personnel et le collectif.

 

Actuellement, Didier Faustino œuvre à trois projets architecturaux de taille : une librairie et centre culturel à Mexico City, une maison domestique expérimentale en Espagne et un chai au Portugal.

 

Pour en savoir + :

- le site internet de Didier Faustino

- l'exposition Des Corps & Des Astres de Didier Faustino (commissaire invitée : Reiko Setsuda), présentée au MAGASIN - Centre National d'Art Contemporain, du 12 septembre 2015 au 27 mars 2016 / Espace ressources autour de l'exposition

 

Les Racines du mal est inscrite sur l'inventaire du Fonds national d'art contemporain, que le Centre national des arts plastiques enrichit, conserve et diffuse pour le compte de l'Etat (www.cnap.fr).

Elle est prêtée à la Ville de Grenoble pour cinq ans sur une proposition du MAGASIN - Centre National d’Art Contemporain.